
CONCERTS
Cable# en cinq instruments
Cable#, c’est un peu comme le Salon de l’érotisme : tous les ans, c’est la garantie de découvrir des choses étonnantes. Rendez-vous dédié à la musique expérimentale, à la noise, aux performances, aux musiques électroacoustiques, le festival reçoit des artistes atypiques, difficiles à découvrir à Nantes en d’autres circonstances. Voici cinq instruments de cette cinquième édition.
De la cornemuse
On pensait la cornemuse condamnée aux badauds du Festival Interceltique.
Faux ! David Watson en a fait son instrument de prédilection. Ancien guitariste, ancien activiste de l’improvisation néo-zélandaise, ce New Yorkais a pris le relais de Yoshimasa Wada, souffleur du mouvement Fluxus. Le style de David Watson est défini comme de la cornemuse minimaliste expérimentale. Une étiquette qui n’a pas effrayé de grands noms comme John Zorn, Lee Ranaldo de Sonic Youth, Eugene Chadbourne ou Rhys Chatham.
Le 16/02 aux Ateliers de Bitche
Des cailloux
Toma Gouband, lui, a jeté son dévolu sur les cailloux. Ce musicien français a inventé la « batchoz », une grosse caisse horizontale sur laquelle il pose minéraux et branches. Déjà passé au Pannonica en mars dernier, Toma Gouband improvise, a une préférance pour les calcaires, joue également avec des plumeaux, des feuilles et de la cymbow (mélange de cymbale et d’archet).
Le 17/02 aux Ateliers de Bitche
Une, puis trois galaxies
Quand Toma Gouband trouve ses instruments par terre, Marcus Schmickler a le nez en l’air. Gros poisson de l’expérimentation et de l’électro allemande, ce compositeur a publié une partie de son immense discographie sur le label Mille Plateaux . N’étant pas jaloux, son dernier album, Rule of inference, compile des compositions de musique contemporaine pour percussions, mais aussi un madrigal de la Renaissance italienne. Pour le festival, il va interpréter particle/matter-wave/energy,, une pièce qui sonorise des données astrophysiques produites par une, puis trois galaxies qui s’influencent réciproquement. Stockhausen n’est jamais loin...
Le 18/02 à la Médiathèque Hermeland (Saint-Herblain)
Des ustensiles de cuisine
...L’humour non plus, avec les Bohman Brothers. Ces deux frangins londoniens ont ajouté un peu de fun dans la musique concrète en utilisant toutes sortes d’objets usuels, posés en bordel sur une table et sonorisés grâce à des micros contact. Les frères Bohman ne rechignent pas à déclamer un peu de poésie, et revendiquent le sens de l’absurde des Bonzo Dog Doo-Dah Band, groupe dans lequel a officié des membres des Monty Python.
Le 17/02 aux Ateliers de Bitche
Et un peu de guitares électriques, quand même…
Le grand perdant du festival risque d’être le rock, le bon vieux rock’n’roll. On avait kiffé l’année dernière Chausse Trappe (lire notre article) et France Sauvage. Cette année, c’est Hey Colossus qui représentera ce bon vieux Elvis. Le groupe londonien joue un truc de bourrin entre grindcore et doom, excellent sur l’album Happy Birthday, sorti en 2008, un peu moins sur le dernier RRR. Mais toujours bon pour clôturer le samedi soir.
Le 18/02 aux Ateliers de Bitche
Festival Cable#, du 16 au 19/02 à Nantes.
Robin Foster : fost-rock
Peter Brötzmann : des souffleurs de rêve
Von Pariahs : plaisir (encore) inconnu
Chausse-Trappe : you talkin' to me ?




