
CINÉMA
Déluge au Pays du Baas : s'endoctriner en crevant
Le Cinématographe invite Bouchra Khalili, co-programmatrice de la Cinémathèque de Tanger, pour une séance spéciale dédiée au cinéaste syrien Omar Amiralay, décédé en janvier 2011. Après des études en France, Omar Amiralay revient en Syrie dans les années 70 pour y construire une œuvre basée sur le documentaire, scrutant la nouveauté et mettant à l'épreuve à chaque fois la structure filmique. Son film Déluge au Pays du Baas (2003) a été tourné dans un village pendant la construction d'un barrage sur l'Euphrate. Sans commentaires, il laisse la parole aux notables locaux issus du parti Baas ainsi qu'aux élèves endoctrinés dès leur plus jeune âge. Ceux-là même qui, les premiers, ont reçu les coups et subis les tortures d'une répression insoutenable. Parabole de la Syrie d'aujourd'hui qui étouffe en silence, le film est évidemment interdit dans son pays, comme la plupart de ses documentaires d’ailleurs.
Le Cinématographe, le 23/01
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