
CONCERTS
Interview : French Reverb Church
Nouveaux activistes de la scène nantaise, French Reverb Church propose déjà sa seconde soirée (lire notre article) sous le signe du rock psychédélique et à plein de projets en tête. Rencontre avec Morgane Poulain qui a levé le voile pour nous sur cette « église » !
Tout d’abord, je veux bien que tu nous parles de cette nouvelle association, French Reverb Church…
On a créé l’association avec les Blondi’s Salvation : c’est-à-dire Julien, Manuel, Etienne et Marine. Et moi, je suis venu me greffer après. On avait pour principe de départ de participer à la création de la scène psychédélique française car il y a plein de groupes, à droite et à gauche, mais surtout à Lille et Paris. Les groupes étaient donc dispatchés un peu partout, mais il y avait des univers très soudés et parallèles et nous voulions pouvoir faire des concerts avec des groupes dans notre style. On s’est mis en contact avec eux et on a donc créé une scène unie en France. Dans tous les pays, il y en a, surtout aux Etats-Unis avec le Commettee to keep music evil d’Anton Newcombe. On a voulu procéder de la même façon en France. Du coup, on a créé l’association dans ce but là et plein de choses sont venues se rajouter. On a eu l’idée des soirées, de faire venir des groupes sur Nantes, comme les Sudden Death of Stars, de Rennes, qui est vraiment un groupe majeur et reconnu. Et pour la prochaine soirée, ce sera les Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa et Melody Syndrôme. On a pris les groupes français les plus aboutis. Il en reste encore après mais plus à un niveau européen.
Qui décide de la programmation dans votre collectif ?
Nous tous. Par rapport à nos goûts. Mais on tombe de toute façon systématiquement d’accord car on aime les mêmes groupes, les mêmes styles de musique. On prend toujours les décisions en groupe. On a une plate-forme internet sur laquelle on rentre les groupes qu’on aime et on choisit ensemble.
Quelle pertinence ça a, pour vous, de promouvoir le psychédélisme en 2012 ? C’est un mouvement qui a vu le jour il y a presque 50 ans, maintenant…
Justement ! Le mouvement s’est vachement agrandi, avec les Black Angels, les Blue Angel Lounge, etc… Et il y a une communauté qui est vraiment en train de se créer en France. Du coup, plein de groupes se rajoutent. Autant les répertorier dès maintenant, tous ensemble, et donner à d’autres gens l’envie de faire ce genre de musique. C’est pour cela qu’on a créé des partenariats comme celui avec Anton Newcombe et son projet Dead TV qui passe beaucoup de son psyché. C’est aux Etats-Unis mais il a créé une filiale en France et on s’est greffés à ça pour pouvoir avoir l’appui du Brian Jonestown Massacre.
Anton Newcombe semble la pierre angulaire de vos références, un modèle à suivre. Pourtant, sa vision du psychédélisme n’est pas du tout orthodoxe puisqu’il sort souvent des codes stricts de ce registre…
Oui, il évolue. Tout le temps. Tout au long de sa carrière, il a évolué. Jusqu’aux derniers morceaux qui sortent et qu’il a mis en ligne sur Internet. Il en a mis une vingtaine en un an, sur You tube, et même peut-être plus. Son style passe du Folk au samples et aux drones, ce qui nous inspire c'est la richesse de sa créativité. Son prochain album est annoncé et sort d'ici peu.
Puisqu’on parle de psychédélisme et de codes, quel rapport entretenez-vous aux drogues ?
Aux drogues ?
Oui, les drogues psychédéliques… C’est un des éléments qui ont façonné ces groupes…
On ne va pas promouvoir les drogues ni quoique ce soit mais on sait que, dans certains groupes, ça fait avancer les choses. C’est moins courant d’avoir recours à ça, de nos jours. La drogue, aujourd’hui, je pense qu’elle est beaucoup plus dans l’amusement que dans la création.
Avec The French Reverb Church, vous envisagez de vous en tenir à de la programmation de concerts ou vous avez d’autres ambitions ?
Pour l’instant, on se limite aux concerts. Mais on a envie de créer peut-être un label. Ce serait beaucoup plus intéressant. Mais, pour l’instant, les groupes sont signés ici ou là. C’est une idée qu’on lance, pour le moment. Peut-être aussi que dans le cadre des concerts, on aimerait rajouter une dimension graphique… Des décors, des lumières, pour valoriser les artistes. On a l’intention, déjà, de faire passer tous les groupes de France puis de passer aux groupes étrangers.
Quels seraient les groupes essentiels qui fondent la scène psyché française, selon vous ?
Il y a Wall of Death. Ils sont d’ailleurs en train d’enregistrer en ce moment avec des membres des Black Angels. Les Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa, qu’on invite donc à la prochaine Reverb Party et qui commencent à être suivis par plein de gens. Les Melody Syndrôme, les Sudden Death of Stars. Il y a un groupe de Lille, les Pychocandies. Et aussi un garçon qui s’appelle Henri Chinaski qui a un groupe qui s’appelle Henri Chinaski's Ashtray, qui est très créatif et fait énormément de morceaux, dans un registre plus folk… Dans le style du Brian Jonestown des débuts et les morceaux sonnent très orientaux. C’est un mec important, dans la scène française. Et plein d’autres petits groupes français, comme Moloko Velocet. Il y en a vraiment plein et beaucoup sont en train de débuter. Ils sont en train de faire leur propre expérience et de définir leur univers psychédélique.
Est-ce facile de programmer cette scène sur Nantes ?
Oui, je pense, les programmateurs ne sont pas frileux, ce genre de musique est de plus en plus reconnu et l'énergie déversée pendant les concerts ne peux que ravir le public. On veut créer une ambiance et donner aux gens l’envie de découvrir cette scène et ce style. C’est un pari, pour nous. On ne sait pas du tout comment les gens vont réagir. On veut amener le public à danser, s’amuser et découvrir la musique. On a aussi envie de faire venir des groupes traditionnels avec des tablas, des cithares et tout ça… Valoriser et faire découvrir cette scène sur Nantes…
Reverb Party au Stakhanov, le 03/02, avec The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa, Melody Syndrome, The Blondi's Salvation et Le Marquis Smith (lire notre article).
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