Voir le Site Citamoslup

© Marianne Thion

CONCERTS

Interview : Kid Congo (1ère partie)

Sur scène, Kid Congo est autant un rockeur qu’un conteur du bayou. Nous avons rencontré le leader de The Pink Monkey Birds avant leur concert au Fuzz’Yon (La Roche-sur-Yon). Il évoque The Cramps, Nick Cave, mais surtout le plaisir d’avoir trouvé son groupe.

Que cherchez-vous quand vous jouez de la musique ?
Une sorte de magie... Quelque chose d'un peu mystérieux. Établir mes propres règles qui seraient à la fois sexy, humoristiques et dangereuses, rebelles. C’est l’importance du rythme, de l’âme, une sorte d’extase. J’ai toujours aimé les enregistrements live, les vieilles chansons de rhythm’n’blues où les chanteurs crient. Je pense que le cri a toujours été un bon moyen d’expression. C'est un sentiment primaire. C'est ajouter une dimension vivante dans la musique. Le but est de sortir de soi-même. Beaucoup de gens crient dans le rock, mais ça fonctionne toujours !

Et pourquoi chercher à sortir de soi-même ?
Parce que la vie et le monde sont plein de malheurs. L’économie s'écroule, il y a la maladie, la famine… Quand tu regardes l'actualité, Internet, les journaux, la télé, tu es bombardé par des mauvaise nouvelles. Le rock me donne le moyen de m’échapper du monde normal.

Comment se partage la composition entre vous et votre groupe ?
On compose tous ensemble. On habite tous loin les uns des autres, on ne pourrait pas être plus éloignés : l’un est au Texas, l'autre au Kansas, l'autre à Seattle et moi je suis à Washington DC. Le batteur, Ron, vit au Kansas, qui se situe exactement au milieu des États-Unis. Sa copine vit dans une grande école abandonnée, dans une toute petite ville de 250 personnes, c'est loin de tout. C'est là-bas qu'on travaille. L'atmosphère de l'école est très prégnante, ça m’évoque les collèges des années 50 et 60, la délinquance juvénile, les teen movies…

Quelles sont les qualités requises pour jouer avec vous ?
Tous les membres du groupe viennent du Texas, sauf moi. Je ne pouvais pas avoir de groupe à New York. Il y a trop de drogués, toujours des problèmes. Un ami m'a dit « Kid, tu as besoin d'un groupe du Texas. » Peu à peu, de plus en plus de Texans se sont présentés à moi. Et ce sont les meilleurs !

Donc la qualité requise pour jouer avec vous est d'être le meilleur ?
D'être le meilleur du Texas (rires) ! Non, il faut un certain feeling, et une certaine compréhension. On est tous sur la même longueur d'onde, même si on aime tous des musiques différentes. Pour The Pink Monkey Birds, la compréhension est tacite et très claire pour chacun. On n'a jamais jeté de chansons. Je pense qu’il faut une alchimie entre nous. C'est une chance d'habiter si loin les uns des autres car quand on se voit on est toujours heureux de se retrouver et de jouer de la musique ensemble. C'est un équilibre que je n'ai jamais eu avant.

Pensez-vous que The Pink Monkey Birds soit votre meilleur groupe ?
Oui, de loin. Car c'est mon groupe : des groupes comme The Cramps n'étaient pas vraiment mes groupes. J'en faisais partie, mais ce n'était pas mes idées. The Gun Club était plus mon projet, même si c'était plus celui de Jeffrey Lee Pierce. C'était comme l'huile et le vinaigre : on était très différents, ce qui était le secret de notre collaboration : quoiqu'on fasse tous les deux, ça marchait toujours, car nous avions les mêmes bases mais étions aux antipodes. Dans les groupes avec qui j’ai joué (The Bad Seeds, The Gun Club, The Cramps…), les musiciens étaient fans de musiques très différentes et voulaient les mélanger, surtout quand il s’agissait de genres opposés. Avec The Cramps, on a mélangé de la musique psychédélique et du rockabilly. C’était quelque chose que je n’avais jamais entendu avant ! Pour moi c’était une idée géniale ! The Gun Club mélangeait le punk et le blues, Nick Cave prenait le blues pour en faire des trucs bizarres. Ce qui était excitant, c’était de créer un nouveau son, un nouveau monde. On créait un véritable monde où les gens pouvaient entrer. Pour moi, c’est la raison du succès de ces groupes.

Créer quelque chose, c’est inventer un nouveau monde ?
Ouais ! Et d'y inviter les gens qui veulent y entrer. Ça n'a aucun intérêt de créer un monde où personne ne veut aller. J'aime les mondes où les gens veulent entrer, avec du plaisir, de l'humour, de l'énergie. Parfois ça peut être triste mais je préfère les choses énergiques, éclatantes.

Lire la deuxième partie de l'interview

Propos recueillis par Timothée BLIT


+ d'articles concerts
Interview : Guy Delbor, programmateur du Tapette Fest
Robin Foster : fost-rock
Peter Brötzmann : des souffleurs de rêve
Von Pariahs : plaisir (encore) inconnu
Chausse-Trappe : you talkin' to me ?

AGENDA

<< Mai 2012 >>
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   
Annuaire des Bars Annuaire des Bars
Gagnez vos places