
EXPOSITIONS
Hollow places court in ash-tree wood / L’équilibre des contraires
Trois artistes, deux générations et un point commun : la récupération et l’emploi de matériaux pauvres. Séparés par un océan et une vingtaine d’années, Jessica Stockholder, Séverine Hubard et Vincent Ganivet n’exorcisent pas les même démons. Mais tous utilisent des objets du quotidien (voitures, blocs de béton, vêtements, bidons...) pour matérialiser le fruit de leur imagination. Une approche directement héritée de Picasso et de Duchamp qui a traversé l’art contemporain, inspirant des courants comme l’arte povera ou le land art à la fin des années 60.
Séverine Hubard a disposé un ensemble de tuyaux, ready made qui renvoie bien sûr à l’activité portuaire de Saint-Nazaire. Vincent Ganivet, lui, a employé son matériau fétiche, le bloc de béton (le vrai nom du parpaing), avec lequel il construit d’immenses arches, uniquement maintenues par le principe de la chaînette cher à l’architecte catalan Antoni Gaudí. Jennifer Stockholder, chicagoane d’adoption et enseignante à l’école d’art de Yale, a installé une exposition déjà présentée en 2011 à l’Aldrich Contemporary Art Museum (Connecticut), assortie de trois nouvelles pièces. L’artiste a taillé dans un frêne centenaire des planches qu’elle dispose à la verticale et recouvre de motifs en résonance à l’art amérindien. Une œuvre presque sacrée qui sollicite, comme souvent avec Jessica Stockholder, des enjeux picturaux. Preuve que si le frêne se substitue à l’acajou, les enjeux artistiques restent immuables.
Hollow places court in ash-tree wood et L’équilibre des contraires, jusqu’au 02/09 à la Galerie Loire (École nationale supérieure d’architecture de Nantes) et au Grand Café (Saint-Nazaire) dans le cadre d’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire.
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