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DISQUES

Honey For Petzi & Fauve (par Dominique A)

Avant, c’était bien, le critique musical pouvait se prévaloir de connaître et d’adouber des albums que les amateurs mettraient des semaines, des mois, à trouver. On l’entendait penser « celui-là, mes petits pères, il va falloir se lever tôt », et c’était parfait, le temps de mettre enfin la main sur la galette convoitée, lui était déjà passé à autre chose. Il pouvait même renâcler, dénigrer ses emballements d’hier sur le mode « oui, enfin bon, avec le recul...», et ce n’était pas grave, nous restions quand même suspendus à ses lèvres, à peine un peu moins, soucieux de ne pas louper la prochaine lubie, le nouvel élu discographique sur lequel il pointerait bientôt son doigt divin.

Aujourd’hui, tout ça, évidemment, c’est fi-ni. Sitôt le critique a-t-il délivré sa sentence que le lecteur s’en va illico juger ce qu’il en est, octets à l’appui. Du coup, évidemment, ça fait moins le malin, du côté du plumitif. Pas un hasard si la critique n’y croit plus tout à fait. Si je vous dis tout ça, c’est que j’eusse aimé, moi aussi, vous aiguiller avec toute la hauteur requise sur des disques compliqués à dénicher, puisque diffusés essentiellement en Suisse, mais à ce qu’on m’a dit, les lecteurs de Pulso ont plutôt dans la vingtaine, et donc, vous vous en foutez de tout ça puisque vous n’achetez pas de cd, vous ne savez peut-être même pas que de mon temps, on appelait ça des lasers, eh oui, comme dans Star Wars.

Enfin bon, tout ça pour en venir péniblement au fait qu’il y a trois mois, je tombais dans les rues de Rennes (oui, il m’arrive de collaborer avec l’ennemi) nez à nez avec le responsable d’un petit label helvète, Two gentlemen, qui me remit aimablement quelques-uns des lasers qu’il produisait, dont deux qui m’ont agréablement tiré l’oreille. Le premier est celui d’un trio répondant au nom enfantin d’Honey For Petzi, General thoughts and tastes, et versé dans un math rock (du post-post-rock donc) mélodique de très bonne facture, avec des morceaux accrocheurs, et une bonne grosse énergie. Pour ne rien gâter, le groupe fait sur scène des étincelles, avec un ingé son qui n’a pas oublié ses oreilles.

Plus impressionnant encore, le second opus de Fauve, Clocks’n’Clouds, œuvre d’un solitaire (par ailleurs journaliste musical) qui empiète sur les riches terres de David Sylvian et de Sufjan Stevens, ce qui implique un songwriting de haut niveau, ici jamais, et c’est le bouquet, pris en faute sur la longueur. Vraiment, vraiment impressionnant de maîtrise ; son premier était parfait dans le genre symphonie de poche, mais là, ça vole encore plus haut. Two Gentlemen héberge d’autres artistes émérites tels les excellents Raphelson et Anna Aaron, raison de plus pour aller faire un tour prolongé sur leur site, que vous trouverez bien tout seul. Et c’est tout ? Oui.

Dominique A


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