Le Magazine

Cinérama

HARDCORE

UN FILM BANDANT
« Et si on se faisait un bon porno ? » Ce n’est pas avec ce genre de propositions hasardeuses que vous convaincrez votre copine d’aller voir Hardcore. D’autant plus que ce film de 1979, réalisé par l’Américain Paul Schrader (scénariste de Taxi Driver, A tombeau Ouvert et Obsession), ne tombe pas dans le voyeurisme (dommage) mais plutôt dans la suggestion. L’histoire : un catho conservateur (incarné par George C. Scott, L’Enfant du Diable) découvre que sa fille de 15 ans tourne dans des pornos et décide de l’en faire sortir.

L’Absurde Séance, jeudi 24 avril, cinéma Le Katorza, interdit aux moins de 16 ans.

PRIDE

ÇA PRIDE POUR MOI
Et revoici le mois le mai, son muguet et son festival de cinéma gay et lesbien. Pour la cinquième édition, le cinéma Katorza et le LGBT accueillent un cycle de documentaires et de fictions touchant au thème de l’homophobie mais aussi des films pour la culture G(ay) tels que A bigger splash, docu-fiction de l’artiste pop David Hockney et autres comédies. La semaine se terminera par une « marche de la fierté » et une soirée électro house à l’Olympic.
Du 21 au 27 mai : Cinépride, Katorza, 5,70 Euro la séance.
Le 31 mai : Pride 2008 à 14h et Olympride « I am what I am » à 23h avec Vax Minetti, Bebz, Elysse, 12 Euro.
www.clgna.info

MISSION DE SAUVETAGE
Le cinéma français va mal, la réalisatrice Pascale Ferran avait déjà alerté la profession lors des césars 2007. Sous son impulsion, un rapport, signé par 12 autres professionnels, a été remis début avril à Christine Albanel. Il constate notamment une grande disparité entre les budgets et une uniformisation des productions. La ministre est si forte qu’elle avait déjà commenté l’étude avant de l’avoir lue. C’est avec l’impression (justifiée) de ne pas être pris au sérieux que le Club des 13 ne cesse de s’agrandir. Il rassemble aujourd’hui près de 150 signataires*, issus de toute la chaîne du secteur. Leurs propositions seront-elles entendues ?

* voir www.rue89.com/2008/04/11/le-club-des-13-liste-du-groupe-elargi

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SHINE

SHINE A LIGHT. LES ROLLING STONES?
J’entends déjà certains pouffer sur ceux qu’on nomme ironiquement les papys du rock au son bien lisse aujourd’hui. N’empêche, le documentaire sur leurs concerts new-yorkais, filmé par une autre légende, Martin Scorsese, a de quoi réjouir. Se déroulant au Beacon Theatre, dans une salle à taille humaine pour un groupe qui en a vu d’autres. Du point de vue de la réalisation, c’est un sans faute, pour un genre difficile à maîtriser et à rendre, sans avoir l’impression d’assister à une prestation depuis un bocal. Scorsese s’est appuyé sur une véritable machinerie de grosse production, avec des lampes qui auront le mérite de faire dire à Mick Jagger : « They burn my ass ! ». Souci du détail, des préparatifs – de la maquette du théâtre, à la play liste du groupe n’arrivant qu’au dernier moment- l’avant-concert est tourné en noir et blanc sur un rythme tendu, où le stress palpable du réalisateur, est inversement proportionnel à la décontraction des membres du groupe papotant avec mamie Clinton. Puis tout s’allume après un grand flash, la couleur jaillit et c’est parti pour le show…
Le reste est pour les fans, ce sont les grands tubes du groupe, les chansons plus intimes, les duos gentiment interprétés avec Jack White des White Stripes, vraiment pas mal avec Budy Guy, légèrement puant avec une Christina Aguilera pas très sincère.
On retiendra au passage l’impressionnante forme physique du petit Mick, 18 ans, intact et pourtant trahi par sa peau. Les chansons, répétées depuis les années 60, se sont comme gravées sur son visage, chaque refrain activant un muscle spécifique. Keith Richards se transforme en distributeur de médiators aux côtés d’un Charlie Watts impassible et concentré à la batterie, et de Ronnie Wodd.
Entrecoupé par quelques extraits d’interviews, seul le mythe du groupe est mis en avant ainsi que la question de leur longévité, certainement due au fait qu’ils n’aient jamais eu à revendiquer quelque chose ou à se positionner à un moment de leur carrière. Du coup le documentaire les représente bien pour ce qu’ils sont en 2008 : un groupe avec toujours des millions de fans, et qui a naturellement muté avec la société. Et comme le rock est à nouveau à la mode…
À voir également pour la qualité impressionnante et réellement nouvelle du film, proposée par le Katorza. Celui-ci a aménagé son intérieur pour le diffuser en numérique. Alors, ok, même s’il n’y a pas le pop corn, la clim’, (les sièges trop petits et les gens qui téléphonent aussi…) la caisse automatique des nouvelles salles, question rendu, c’est incomparable. Inutile de préciser que, downloadé sur un pc, ça ne fera pas le même effet… Alors pour une fois sortez de votre cocon.

Garance Hamon

Shine a light, un film de Martin Scorcese
Au Katorza, www.katorza.fr