Le Magazine
Expositions
THERE IS A LOVE AFFAIR BETWEEN THE WHITE CUBE AND THE BLACK SQUARE
Suivant ses instincts artistiques, l’association Tripode invite Karina Bish et Nicolas Chardon à dévoiler leur installation au nom étrangement long. Toujours promise à l’enfermement de la salle noire de l’espace Diderot, la proposition de ces deux artistes est une mise en scène, au travers d’œuvres tirées du répertoire de chacun, de la notion et du mythe, oserais-je dire, du carré et du cube. Pour tout ce qu’il représente de la peinture aux arts visuels – la touche, le cadre, le pixel, la ligne et l’angle – jusqu’à sa transformation en cube, en volume parfait, identique à lui-même et pourtant multiple dans sa représentation. Le tout mélangé habilement, opère des allers-retours entre des sculptures aplaties et une forme géométrique répétée à l’infini, réduite à une surface plane dans l’image. Une exposition à l’allure presque solennelle qui demande d’y poser son regard un peu plus lentement pour l’apprécier.
Garance HAMON
Médiathèque Diderot à Rezé, jusqu’au 16 mai.
Entrée libre.
Visite sur RDV au 06 61 32 86 41 ou 02 51 70 78 08.
DUPUY // LEROUX
Deux générations d’artistes se rencontrent à la galerie RDV. Le premier, Jean Dupuy, est un artiste internationalement réputé. Né en 1925 dans l’Allier, il vécut de nombreuses années à New York avant de rejoindre Pierrefeu, près de Nice, en 1984. Il est une des grandes figures de Fluxus et les œuvres ici présentées se composent d’anagrammes, d’équations de lettres sérigraphiées sur toiles. Pascal Leroux, quant a lui, est né en 1965 à Cherbourg, il quitte aussi sa région natale mais pour s’installer à Nantes où il fait l’école des Beaux Arts. Brillamment diplômé, il est un des fondateurs du collectif « la valise » à qui l’on doit, notamment, une scénographie pour le « Livre et l’art » ou la « croisière fluviale » lors de la biennale Estuaire 2007. Très pris par ses occupations, Pascal n’avait pas exposé depuis 4 ans. Il nous propose ici une action installation visuelle et sonore composée de trois prises de vue qui questionnent le corps, le lieu, l’outil caméra et... l’éjection ! Prenez votre temps pour apprécier cette pièce qui vous positionne au cœur de l’action.
Valérie MARION
RDV à Nantes, jusqu’au 17 mai.
Ouvert du mercredi au samedi de 14 à 19h.
Entrée libre.
T. 02 40 69 62 35
+ DE RÉALITE
L’art abstrait ne parle pas forcément à tout le monde. C’est pourtant simple : il s’agit de s’affranchir de la représentation pour extraire la force de la forme. L’exposition + de réalité, présentée en ce moment, propose de confronter divers aspects de l’abstraction : toiles, sculptures et installations. Pour cela, le groupe de recherche sur l’abstraction de l’Erban, composé de six artistes, a rassemblé une centaine d’œuvres, issues de collections publiques ou privées. Soixante artistes internationaux, connus et moins connus, sont représentés. On note par exemple la présence de pièces de Donald Judd, figure emblématique du minimalisme, ou d’Olivier Mosset, membre du groupe BMPT. Si le grand nombre d’œuvres exposées permet d’obtenir un large panorama, certaines pièces ont cependant plus d’impact que d’autres. Michel Verjux propose par exemple une sculpture, utilisant la lumière comme élément à part entière. L’artiste emprunte au théâtre le procédé de découpe de la lumière qui lui permet d’obtenir un effet d’ombre luminescente. Plusieurs manifestations seront également organisées autour de l’exposition ; des colloques, des conférences et des interventions viendront élargir la réflexion.
Sarah SANCHEZ
Hangar à bananes à Nantes, jusqu’au 8 juin.
Entrée libre.
www.erba-nantes.fr
LA PEINTURE DE RUTAULT EXPOSE CELLE DE GORIN
Le Musée des beaux-arts de Nantes détient une importante collection des œuvres de Jean Gorin (1899-1981). Fraîchement restaurées, elles sont mises en scène par l’artiste Claude Rutault et pour l’occasion, le patio du musée a été mis au service du néo-plasticisme.
On découvre alors l’évolution de l’artiste : des études de nus académiques, en passant par l’influence cubiste, au néo-plasticisme complètement réapproprié, que Gorin admirait et qu’il découvrait par le biais des revues comme De Stilj.
L’art, couché sur la toile, se détache peu à peu dans l’espace, pour finalement l’investir : il s’allie à l’architecture, dans une perspective sociale. Cette préoccupation est au cœur de l’œuvre des deux artistes et si pour Gorin, l’intégration de l’art à la vie est restée au stade de projets et de dessins, elle est devenue pour Rutault une véritable dynamique, dans ses définitions-méthodes, consistant à peindre une toile de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée. En repeignant les murs du patio en rouge, jaune ou bleu (les néo-plasticiens utilisaient exclusivement les couleurs primaires, alliées au blanc, au noir et au gris), Rutault met en œuvre cette fusion dont Gorin rêvait tant.
Sarah Sanchez
Musée des beaux-arts de Nantes
Jusqu’au 25 mai
02 51 17 45 00
"DEHORS", STÉPHANE TIDET
Devenir adulte, c’est un peu comme abandonner derrière soi ses rêves d’enfant. Un cruel constat faisant partie intégrante de l’œuvre de Stéphane Thidet. Remarqué au Printemps de Septembre à Toulouse, l’artiste parisien est actuellement invité à exposer au Grand Café. Vous pourrez admirer quelques unes de ses œuvres pour la première fois dans la région.
Les pièces présentées s’articulent autour de l’objet de divertissement détourné. Par exemple, Sans titre (Le terril) a nécessité deux tonnes de confetti noirs amoncelés. Ils figurent alors les terrils des exploitations minières. D’accessoire de fête, le confetti devient élément imposant, témoin du passé industriel de certaines régions très marquées.
Pour réaliser la série de digigraphies intitulée Wildlife (la vie sauvage), Stéphane Thidet s’est attaché à photographier les décors de zoos. Ainsi tirés de leur contexte, ces paysages artificiels inspirent la désolation mais aussi l’amertume : où est passé notre regard émerveillé d’enfant visitant le zoo ? Si l’exposition « Dehors » traduit un certain désenchantement de l’enfance, elle laisse subsister certains rêves. Comme celui où des mondes étranges s’installent là où on les attend pas…
Jusqu’au 18 mai au Grand Café, Saint-Nazaire.
T.02 44 73 44 00
www.grandcafe-saintnazaire.fr
L’artiste sera présent le 18 mai à 15h.
