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ON Y ÉTAIT
Les Découvertes « rock » du Printemps de Bourges
The fuckin’ rock’n’roll place to be, les 17 et 18 avril derniers, était le plateau des « Découvertes rock » du Printemps de Bourges. Globalement d’un bon niveau artistique, celles-ci auront notamment permis de mettre en lumière Tremore, The Delano Orchestra, et Kid Bombardos. Trois espoirs pour le rock français.
Deux jours de concerts, 14 groupes à découvrir et plein de bons souvenirs en tête. Du rock « queenesque » d’ALB et Bastet à la pop de Roken is Doleljik en passant par les ovnis de Monofocus et Curry and Coco, la scène française se porte bien. Au bout de deux jours, une idée folle trotte dans notre tête : le rock, le vrai, est de retour dans l’hexagone. Même si tous les groupes chantent en anglais, la musique n’est-elle pas universelle ? Celle de Kid Bombardos, Tremore et The Delano Orchestra, si ! Enfin des groupes qu’on n’aurait pas honte de présenter à son correspondant anglais. Comme dans la grande tradition du rock et la définition même des « découvertes », ces groupes sont avant tout des bêtes de scène.
ROCK & FUCK
Avec Kid Bombardos, pas le temps de regarder ses chaussures. En concert, les très jeunes bordelais n’ont de cesse de faire monter la pression jusqu’au tonitruant bouquet final. Tels de voluptueux amants, ils suent, ils étonnent, ils assurent, et ont la faculté de susciter l’orgasme de la salle. Leurs compos, très influencées par The Strokes, font mouche à chaque fois. Comment peut-on faire des chansons pop aussi tendues et intenses ? Sur ce point, le quatuor fait preuve d’une maturité impressionnante. Avec ses mélodies fines et son énergie débridée, il faudra dorénavant compter avec Kid Bombardos.
En parlant de sueur, Tremore est aussi du genre à mouiller le perfecto. Contrairement aux Kid, le groupe envoie la sauce dès le début. N’allez pas croire que au batteur, on n’ose imaginer quelle crasse lui a fait sa batterie tant ce Dave Grohl en puissance maltraite son instrument. Tous ces ingrédients font de Tremore un groupe à aller (re)voir au plus vite.
Dans un style radicalement différent, The Delano Orchestra créé la surprise en adjoignant à un folk minimaliste une trompette majestueuse et des rythmiques appuyées. De très belles envolées s’échappent de ces structures mélodiques inspirées par Calexico. La voix oscille doucement entre douceur et désespoir adolescent, sans jamais tomber dans le cliché.
BYE, BYE, BABIES !
Le point commun entre ces trois groupes ? Entendre ce qu’on n’attendait plus depuis longtemps : du vrai bon rock français ayant digéré l’influence de Noir Désir. Autre constat : les meilleurs groupes sont les plus jeunes, différents cependant des « baby rockeurs » fils à papa qu’on nous vend d’habitude. Heureusement, parce que s’il fallait compter aujourd’hui sur pépé Manœuvre pour nous dénicher les futures stars, ça se saurait...
À l’image de la scène londonienne, on voit donc apparaître dans les grandes villes françaises comme Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand ou même Caen, de véritables pépinières de groupes de qualité, biberonnés aux Velvet, aux Stooges ou autres classiques. Une génération créant une musique de son époque, et non une resucée nostalgique sans saveur qui permettra peut-être enfin au rock français de franchir les frontières.
On pourrait déplorer l’absence d’autres formations, tels Minuscule Hey (Bordeaux), Marvin et Cobson (Montpellier) ou encore Gokan (Nantes), toutes aussi prometteuses dans leurs styles respectifs. Cela dit, au vu de la qualité de la programmation de cette année, on ne peut qu’être optimiste quant à l’année prochaine. Encore un effort et les Découvertes du Printemps de Bourges deviendront le lieu incontournable de la nouvelle scène rock.
Pierre-François CAILLAUD et Camille VERRON
BOURGES : A LA RECHERCHE DU ROCK PERDU
PARFOIS, LES MEILLEURS CONCERTS SONT ASSURÉS PAR LES PREMIÈRES PARTIES. LÉGÈREMENT EN RETRAIT DU FESTIVAL, LES DÉCOUVERTES DU PRINTEMPS DE BOURGES SE CHARGENT DE RÉVEILLER LES PROFESSIONNELS ET LES FESTIVALIERS LES PLUS TÉMÉRAIRES. LE PLATEAU DU ROCK SE DÉROULAIT JEUDI 17 ET VENDREDI 18 AVRIL DE 12H A 17H DANS L’HISTORIQUE MAISON DE LA CULTURE.
Épisode 1 : jeudi 17 avril
À quelques minutes de marche du site, les découvertes se relaient sur scène et ont 30 minutes pour faire leurs preuves face à un public essentiellement constitué de professionnels bien calés dans leurs sièges. Dans une ambiance très « réunion tupperware pour chroniqueur rock », 7 groupes se succèdent sur les 2 étages de la maison de la culture Berruyère.
ALB ET BASTET : LA QUEEN TEAM
On démarre avec ALB, le premier groupe de la journée. Leur rock rafraîchissant s’avère idéal pour se réveiller de bonne humeur. On pense à Weezer pour le côté ensoleillé et I Monster pour le côté « électro-pop nostalgique ». D’ailleurs ALB démontre son sens de la mélodie imparable dopée au grand-guignolesque de Queen. Malheureusement, les problèmes de larsens de la deuxième partie du set transforment un groupe prêt à rugir en jeune espoir timide. À suivre de près.
À peine le temps d’ingurgiter un sandwich, que les Bretons de BASTET débarquent sur scène : chemises à carreaux, rouflaquettes et moustache (Queen, encore), tout pour plaire au chaland en quête de grosses guitares. Artistiquement proche du groupe précédent, BASTET montre un bon sens de la mélodie et nous embarque. Certains morceaux (les plus courts) ont vraiment un potentiel de tube. On regrettera juste des fins de morceaux parfois mollassonnes. Nous, on est venu pour voir du rock, du vrai !
TREMORE : « ARE YOU READY TO ROCK ? »
Ça bouge sur scène, ça sue, c’est enfin du rock ! On l’attendait depuis le début de la journée, on l’a eu notre claque rock ! Le quatuor offre 30 minutes de fureur, déjà entendue, certes, mais tellement jouissive. Visiblement très influencé par la scène anglaise, TREMORE fait le show façon Arctic Monkeys, en plus énervé. Le batteur et le chanteur notamment, très démonstratifs, sauront maintenir la pression jusqu’à la fin d’un set qui paraît subitement trop court. Mais bon, ça y est, le sourire est là.
ST AUGUSTINE : CHARMANTE SAINTE-NITOUCHE
Dans un tout autre style, ST AUGUSTINE est lui aussi très efficace. Beaucoup plus douces, ses compos folk pop sont interprétées d’une voix de maître (trop ?). Difficile de ne pas noter quelques influences évidentes tel Jeff Buckley. Trop propret, trop lisse, St Augustine nous renvoie parfois à une BO de Dawson et le groupe peine à susciter l’émotion malgré un dernier morceau salvateur (car, en dehors des clous).
TWICE : MARIE « COUCHE-TOI-LÀ » TROP SAGE
On a là du rock glam plutôt ennuyeux. Si le guitariste fait des efforts pour occuper la scène, la chanteuse n’a pas suffisamment de présence pour qu’on ait l’impression de voir un groupe au complet. Le set du duo tourne parfois à vide et il manque peut-être la vie que les sections rythmiques enregistrées ne remplaceront jamais. Twice (car ils sont deux) ne parviendra à captiver l’auditoire que lors de rares envolées noisy-disco-rock.
ALOAN : RATM DU PAUVRE OU AMY WINEHOUSE POUR LES SOURDS
Le groupe idéal pour animer le mariage de votre oncle. Un sous-Portishead soutenu par un rappeur ragga ringard. Les Suisses n’ont visiblement pas la même définition du rock que nous. Pourtant, nous n’avons rien contre le look « Blanche Neige à paillettes » ou « Sean Paul italien au charisme de loutre ». Après avoir chantonné sur leur reprise de Feeling Good de Nina Simone, on se sent sale, très sale.
MONOFOCUS : « ILS » SONT PARMI NOUS !
L’ovni du jour est le groupe qui fait rire la salle de son plein gré ! Ce trio donne dans l’« électro-blues-forain » classé « hors compétition ». Imaginez Emir Kusturica jamant avec un bouseux du Kentucky et un claviériste tire-bouchonné, vous obtenez le groupe avec qui l’on a le plus envie de boire un coup. Passée l’incompréhension du début ces trois anciens artistes de rue nous rallient à leur cause en dépit de compositions plutôt minimalistes Le meilleur moment restera sans doute le mélange banjo hawaïen et électro du bayou. Une prestation aussi improbable que légère.
Entre la folie, douce de Monofocus, furieuse de Trémore ou suicidaire d’Aloan, on n’a pas vraiment eu le temps de s’ennuyer. Le niveau est à la hauteur et l’on espère encore mieux pour le lendemain. Et puis, rêvons un peu, pourquoi pas une autre bonne grosse claque ?
P.-F.C et C.V.
BOURGES : UN NOUVEL ESPOIR
LES CONCERTS PASSENT ET NE SE RESSEMBLENT PAS AU COURS DE CES DÉCOUVERTES DU PRINTEMPS DE BOURGES. RETOUR À LA MAISON DE LA CULTURE POUR LA SÉLECTION DE CETTE DEUXIÈME JOURNÉE. AU PROGRAMME : DU BON, ET MEME DU TRES BON.
Épisode 2 : vendredi 18 avril
Après une première journée mitigée malgré la prestation très convaincante de TREMORE, c’est plein d’espoir que nous débutons la seconde après-midi des « découvertes rock ». Premier constat, la salle est bien plus remplie que la veille, à la même heure.
On commence trop gentiment avec KISS KISS BANG BANG qui a la lourde tâche de réveiller les spectateurs encore coincés dans le brouillard des nuits berruyères. On pense à Keane pour le côté tête à claque. Ce n’est pas la prestation superficielle du chanteur et son « I’m in love with you, Bourges ! » qui réveillera un public plus que passif. On oublie vite et l’on repart !
Malgré un show calé et nettement supérieur au groupe précédent, la cold-pop de ROKEN IS DODELIJK ne marque pas les esprits. Les efforts « actor’s studio » du chanteur n’y changent rien. Pause kawa, pipi caca, on se lave les mains et direction la Soute pour les Kid Bombardos.
TEENAGE RIOT
Gare aux oreilles, voilà LA découverte rock du Printemps ! Le batteur a 16 ans et les autres sont tout juste majeurs. C’est frais, dansant, puissant, riche, surprenant, tout ce qu’on a envie d’écouter. Le groupe démontre ses talents de mélodiste hors pair, surtout au niveau des guitares. On note ici et là quelques passages funky ou électriques survitaminés. Quant à la batterie, elle se fait tendue et imposante même sur les chansons les plus calmes. Le bordel orgasmique du dernier morceau reste l’un des meilleurs moments de ces Découvertes. Le public passe de la gueule de bois à l’ivresse, avec une sérieuse excitation en bonus. C’est officiel, le rock français n’a pas à rougir devant les Strokes. Maintenant, il y a KID BOMBARDOS.
PLUG IN PUGGY
Difficile de succéder à KID BOMBARDOS. Les Belges de PUGGY s’y collent. Sur le programme, on lit « spontanéité folk, écriture pop et textes empreints de nonsense british ». On découvre finalement une doublure de Muse à fort accent latino. Leur physique, leurs poses et, bien sûr, leur musique, tout fait penser au trio anglais, la grandiloquence mégalo en moins. Le groupe maîtrise très bien sa baraque et réussit l’exploit de faire participer le public. Ça y est, on a déjà gagné notre journée !
Petite pause post-rock avec STELLARDRIVE. Efficace, intense, même si on aurait aimé être davantage surpris. Plus de moyens sur les effets visuels auraient permis une meilleure immersion dans le voyage spatial où le groupe nous invite. Mais ne boudons pas notre plaisir, Stellardrive a transformé l’essai !
CHEVAUCHEE FOLK
Retour à la La Hune pour THE DELANO ORCHESTRA. Entre Calexico et Ennio Morricone, le groupe passe d’un folk dépouillé à une fanfare héroïque avec une facilité déconcertante. Un bluff très bien conçu qui leur permet de convaincre la totalité de la salle : ce à quoi l’on a assisté est énorme.
Déjà le dernier groupe ! Décidément, cette après-midi passe vite. Après 4 groupes de grande qualité, CURRY AND COCO entrent en scène devant un public toujours aussi nombreux. Les deux compères arborent un look d’entraîneur de gym est-allemand des années 7O. Le show dansant et furieusement gay auquel nous assistons trouve ses limites au bout d’un moment. Bref, mieux vaut les avoir en poster.
Un deuxième et dernier jour des Découvertes rock qui dépasse toutes nos attentes. Quand on voit la moyenne d’âge des groupes qui nous ont donné des frissons d’extase, on se dit que le rock français a de beaux jours devant lui. TREMORE, THE DELANO ORCHESTRA et KID BOMBARDOS reviendront vite à Bourges, mais sur la grande scène cette fois.
P.-F.C et C.V.
INTERVIEW LA PHAZE
Tant qu’il y aura de l’injustice, le trio Nantais La Phaze poussera des coups de gueule. La preuve ? Leur nouvel album, Miracle, sur lequel Damny, Arnaud et Guillaume continuent d’expérimenter de nouveaux territoires à coups de drum’n’bass, de punk et de rock sans jamais dévier de leur objectif : faire changer les mentalités.
Alors, quel est ce fameux Miracle ? La sortie de l’album ? On l’attend depuis trois ans !
Damny (chant, claviers) : Pour cet album, on voulait donner une connotation plus positive que pour le précédent, Fin de Cycle, d’où le titre Miracle, peut-être utopique, qui évoque les possibilités de changement. Sinon, il faut savoir que Guillaume (batterie) est arrivé il y a 2 ans, et il nous a fallu du temps pour apprendre à jouer ensemble et à se connaître.
Arnaud (guitare) : Trois ans, c’est long, mais on a énormément tourné en France et en Europe. On a commencé à composer l’album à Londres en 2005 et on l’a enregistré entre les tournées.
Miracle a un esprit très rock voire punk ; notamment le titre Peine de vie dans la veine de Bérurier Noir...
Damny : On avait envie d’explorer d’autres territoires et de ne pas se limiter à la drum’n’bass traditionnelle. En ce qui concerne Peine de vie, ce titre parle d’euthanasie, le droit de mourir dignement, en famille, hors de toute hypocrisie.
Arnaud : Je trouve ça malheureux que cette chanson soit d’actualité... Pour le son, déjà quand on était en duo, il y a 8/9 ans, on avait cette énergie punk et rock puisque c’est nos racines. Il y a un fort métissage musical dans La Phaze et l’on se fout de coller à d’autres groupes.
Damny : Moi, je préfère que tu nous compares aux Bérus, à qui l’on fait un clin d’œil sur A table, qu’à Christophe Maé !
38 minutes pour un album, ça ne vous semble pas un peu radin ?
Arnaud : Notre but est d’aller à l’essentiel, de ne pas diluer l’info. On a fait le tri et gardé les morceaux cohérents et mis les autres de côté. Du coup, c’est direct et je pense que tu ne te fais pas chier du début à la fin. En plus, quand on en sortira un autre tu pourras mettre les deux sur une cassette de 90 minutes !
Le chant est très agressif sur Miracle, qu’est ce qui vous énerve à ce point ?
Damny : Voir des gens, au 21ème siècle, faire des émeutes parce qu’ils n’ont rien à manger. C’est une honte de voir qu’on jette tout par les fenêtres, alors que les trois quarts de la population mondiale crèvent la dalle. Il y aurait 15 000 chansons à écrire là-dessus, mais ça n’amène pas les sacs de riz. Le monde occidental est hypocrite, dès que tu commences à parler des choses qui ne concernent pas les gens qui ont le ventre plein, on te taxe de démagogue.
Et vous, comment vous investissez-vous ?
Guillaume : Pour être très concret, le 24 mai prochain, on organise avec la Barakason et Dj Nevrax une journée de soutien à la ligue contre la neurofibromatose, une maladie peu connue. Nous, ça nous prend une journée, c’est que dalle. Des gens sont prêts à s’investir pour faire avancer les choses. Il faut que chacun pense moins à sa gueule. Je pense qu’on a un rôle de pousseurs d’idées et on le tient avec des guitares et des micros.
Le public ne connaît pas encore votre album, comment se passe la tournée ?
Damny : C’est ça qui est surprenant, les gens ne connaissent pas, mais on ressent beaucoup l’effet internet et radio, et ça se passe super bien. Le public découvre les titres en live et rentre directement dedans comme s’il les connaissait déjà. Et ça ne laisse présager que du bon pour la suite.
Propos recueillis par Julien PRÉVEL
Album Miracle (Because Music), sortie le 5 mai 2008.
En concert avec les Svinkels, vendredi 25 avril, salle J.Carmet (Murs Erigné - 49)
Concert de soutien à la recherche sur la neurofibromatose avec DJ Nevrax (break-beat / drum'n'bass), HELLSCRACK (power rock) et FRIDA(rock metal) le samedi 24 mai, la Barakason.
LA PHAZE EN LIVE
À les voir en show case à la Barakason, les trois membres de La Phaze donnent l’impression d’une bouteille de coca que l’on vient de secouer et de porter à ébullition : prêts à exploser. Ce retour sur scène, cela faisait longtemps que Damny, Arnaud et Guillaume semblaient l’attendre. Le public composé de journalistes ce soir-là est un peu moins chaud, au début. Un avant-goût de la tournée du nouvel album, Miracle, et surtout l’occasion pour les Nantais de se défouler.
Mercredi 26 mars, Rezé, à peu près 20h30 : Arrivés à la Barakason, on nous offre des EP du single Peine de Vie, des compiles de « Pungle music », la mixture de punk et de jungle propre au groupe et des stickers à son effigie. Nous sommes à quelques minutes de la fin de l’apéro offert aux invités (quand on vous prend par les sentiments…) et très vite, on nous coupe les vivres, il faut entrer dans la salle de concert, même pas le temps de siroter une deuxième bière gratos. Dans la petite salle sombre, un parterre de journalistes, car ils constituent la majeure partie des invités, se fait timide et n’ose s’approcher de la scène, jusqu’à ce que le groupe apparaisse et réclame un peu plus d’enthousiasme. Ça y est, La Phaze est lancé et s’apprête, comme le dit si bien Arnaud (guitare, back vocals), à nous « décrasser les boîtes à miel ». Le trio, emmené par Damny (chant), n’a en effet pas sorti d’album depuis Fin de Cycle, en 2005. Des retrouvailles comme celles-ci, ça fait du bien. Mais attention, l’auditoire n’est pas le public habituel de La Phaze, c’est la presse, qui connaît vaguement l’album précédent dont le groupe reprend les morceaux les plus connus (Assaut final, Nouveau Défi et Rude boy), et qui a eu peu de temps pour s’imprégner de Miracle, la nouvelle galette très prometteuse.
Du Pungle qui gueule
La Phaze commence très fort. D’entrée de jeu, les trois camarades nous envoient un son incisif et beaucoup plus électrique que sur les précédents disques, beaucoup moins drum‘n’bass. L’esprit est rock, et même punk, deux styles qui ont toujours influencé les nantais. L’arrivée assez récente (2 ans) de Guillaume à la batterie n’y est pas pour rien. On retrouve d’ailleurs des allusions très explicites aux Bérurier Noir, que ce soit au niveau de la rythmique et des accords de gratte, que des textes, comme sur la chanson clin d’œil aux Bérus, A table. La guitare saturée d’Arnaud, très présente, et contribue largement à envoyer le pâté, voire, à ce niveau, la terrine de campagne. Le public se décoince, secoue la tête, certains, surtout un en fait, complètement bourré, il faut bien l’avouer, danse. Côté textes, ils sont toujours aussi engagés et plus régulièrement en anglais (Roof on fire et Little face), surtout dans les refrains, véritables hymnes contre les abus du système (Miracle, Le chant des bombes). Mais une chose est sûre, la langue de bois n’est jamais employée. Même si ce n’est qu’un show case, le trio, que l’on a surtout l’habitude de voir en festival, donne un avant-goût pas dégueulasse de ce à quoi va avoir droit le public lors de « vrais » concerts.
Damny the dog
Certes, on pourrait croire que La Phaze, durant ce « concert », nous rebat encore et toujours la même rengaine, et quelque part ce n’est pas faux. Outre quelques thèmes nouveaux comme l’euthanasie sur Peine de Vie, il faut bien avouer que les sujets restent les mêmes, mais doit-on les en blâmer pour autant ? La Phaze veut juste que ses idées circulent et surtout qu’elles finissent par rentrer. D’où le chant agressif de Damny, en particulier sur La Cause, en duo avec la rappeuse Marseillaise Keny Arkana, elle aussi signée sur le label Because Music. Enfin, « en duo » sur l’album, car en concert, le trio est bien seul, mais que voulez-vous, c’est la magie du direct. Il en va de même pour le featuring avec Eugène des new-yorkais de Gogol Bordello sur Fièvre de l’exil. On assiste (encore) à un éboulement de titres qui abordent le terrorisme (Le chant des bombes), le réchauffement climatique et la pollution (Climax), etc. thèmes tristement d’actualité. Alors, que La Phaze gueule, le poing et l’index levés, sur ses morceaux aux titres inquisiteurs (Devil Game, Peine de vie) si ça lui chante, ça finira sans doute par rentrer.
Un peu de poésie que diable !
Jusque-là, le concert est un vrai champ de bataille, les titres fusent violemment, on s’en prend plein les oreilles à coup de guitares. Après cette tempête, le jeu se calme, trop peut-être. La bonne tension que le trio a instaurée avec ses rythmes endiablés retombe avec l’arrivée de titres comme La langue ou encore Roof on fire. On pourrait soupçonner ce titre de jurer avec l’ambiance punk, particulièrement lorsque apparaissent des instruments tels l’harmonica et l’accordéon, cependant, cela n’a que pour effet de donner fraîcheur et rythme au concert. On regrettera tout de même lors de ce show case à la Barakason les quelques sons en play-back. Mais, que voulez-vous ? Pour reproduire l’énorme son du studio, il faut bien faire quelques concessions. Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, il faut bien que ce concert se termine. En l’occurrence, celui-ci se finit dans une cacophonie bien maîtrisée entre le martèlement frénétique de la batterie de Guillaume, les claviers malmenés par Damny et le final assuré par Arnaud. Écraser gentiment sa six cordes sur la scène, c’est un peu cliché, même Damny en sourit : « Et dire qu’on n’a même pas encore commencé la tournée et il bousille déjà sa gratte, ça c’est un message pour les magasins de musique ! », ce à quoi Arnaud rajoute « Ouais, aidez-nous, on a besoin d’instruments, c’est pour ça qu’on vous a fait venir en fait ! ». Meuh non, c’était pour le show (case).
Julien PREVEL
INTERVIEW LABEL
Christophe Minier
Label BASSOFONE !
À l’heure du tout numérique, il existe encore quelques irréductibles qui tentent de résister à l’envahisseur. Christophe Minier fait partie de ceux-là. Fort d’une expérience au sein des plus grandes majors (Universal, Warner...) il se lance aujourd’hui dans un nouveau label indépendant, Bassofone !, sur lequel il signe, notamment, Mukta et Olli and the Bollywood Orchestra*. Un label tourné vers la diversité musicale, la pérennité et le renouveau du disque.
Vous avez un CV impressionnant... Pourquoi avoir choisi de monter un label indépendant, après être passé par les majors ?
Dans les années 1980, on a assisté à la première crise du disque, avec l’apparition du CD, détrônant le vinyle. Les premières fusions de maisons de disque ont eu lieu et l’industrie du disque a commencé à ne vendre qu’à partir de ses fonds de catalogue, soutenue par les investisseurs, engendrant ainsi un taux de croissance élevé. Les chiffres sont devenus plus importants aux yeux de ces multinationales et le développement de la musique a été mis de côté. Aujourd’hui, le même schéma se reproduit avec l’apparition du peer-to-peer. La musique s’est libéralisé et la diversité musicale en fait malheureusement les frais. Le label résulte donc de cette envie de proposer un métissage musical.
Bassofone !, c’est qui et c’est quoi ?
Bassofone !, c’est cinq personnes : André Joffre, José Levices, Bertrand Aubonnet, Eric Vincent, et moi-même.On a commencé à monter ce label en octobre dernier. Nous voulons proposer des musiques autres de ce que les majors vendent. Ceux qui se feraient refouler ailleurs, car leur musique est trop « spé ». Mukta et Olli and the Bollywood Orchestra sont assez proches musicalement, mais ce n’est qu’une coïncidence. C’est la diversité musicale qui nous intéresse, et elle reste notre principale ligne éditoriale.
Vous parlez de « dématérialisation du support CD », et vous avez créé un support 100% biodégradable, à l’encre végétale, mettant en avant le côté artistique des jaquettes. Pourquoi ?
Il faut redonner une vraie valeur à l’objet qu’est le CD. On est dans une politique industrielle du disque, comme pour les produits alimentaires. Avec un nouveau support, le CD acquiert une nouvelle identité. Le côté biodégradable s’oppose à cette industrie, et au même prix qu’un autre CD. Il est difficile de faire moins cher que ce qui est proposé actuellement. De la création à la distribution d’un album, beaucoup de gens apportent leur contribution.
Que pensez-vous de cette « dématérialisation » justement ?
Je considère que le mp3 est une régression terrible. Cela fait 50 ans qu’on essaye de restituer la musique le plus fidèlement possible, et il fait tout l’inverse, la perte de qualité est énorme! Pour le téléchargement, je dirais que les amoureux de la musique resteront toujours amateurs d’objets. Je vois mon fils de 15 ans qui écoute beaucoup de musique sur son ordinateur, mais cela ne l’empêche pas d’aller acheter un CD lorsqu’il aime un groupe. Et cela restera toujours plus sympa qu’une vignette de 2 cm2 sur un iPod... Je reste positif quant à l’avenir du disque. Il va évoluer, et toucher un marché différent. Je pense même que les disquaires indépendants vont recommencer à apparaître.
Quelles sont vos attentes ?
Faire en sorte que tout le monde musical puisse exister, que le public ait accès à cette diversité. Et je veux continuer de défendre les choses auxquelles je crois. La diversité est un combat, une envie, et une attitude.
Propos recueillis par Vincent GHISLAIN
Bassofone !,
www.mvsrecords.com/Client/MusicLabels.aspx?lab=48
*Voir article en page 8.
ROCKIN’ YOUR FAC
Si les étudiants sont très présents dans les salles de concerts et les festivals, on a parfois tendance à oublier que certains d’entre eux possèdent aussi leurs propres groupes de musique, et sont des acteurs à part entière de la vie culturelle locale. C’est pourquoi l’association FacultINmusic s’est donné pour objectif de référencer et de donner leur chance aux groupes composés d’étudiants. La première édition du tremplin FacultINmusic s’est déroulée le 27 mars dernier, où quatre formations musicales ont proposé leurs créations pour obtenir une date au Ferrailleur, en première partie d’un groupe local plus renommé. Spoonlight, Alarm, Afternoon et MaMaGreYo sélectionnés parmi une quarantaine de candidatures (tout de même !), ont joué 45 minutes chacun au Pôle Etudiant, devant un parterre d’étudiants passionnés. Un grand succès pour cette soirée placée involontairement sous le signe du rock, et une bonne surprise, tant la prestation des participants était de qualité. Après décision du jury, le vainqueur de cette édition 2008 est MaMaGreYo, groupe mélangeant rock, métal, funk et fusion, et dont le style se rapproche de Rage Against The Machine. Les quatre musiciens - chanteur, guitare, basse et batterie – ont réussi à mettre le feu à la salle et à transmettre leur énergie à un public qui en redemandait. Une pêche d’enfer et un sens du groove implacable ! Prochain rendez-vous le 30 mai au Ferrailleur, pour les acclamer une seconde fois !
Vincent GHISLAIN
Site Web de l’association: www.facultinmusic.org
MySpace de l’association: www.myspace.com/facultinmusic
Lien Myspace du vainqueur : http://www.myspace.com/mamagreyo
QUI A LÂCHÉ UN ÉCUREUIL ?
Nicky, Lal, James et Phil : quatre punk Bourguignons avec une imagination débordante, parce qu’il en faut pour s’appeler Les Ecureuils Qui Puent. Le quatuor odorant nous assène un punk bordélique et vocifère des textes revendicateurs à la Wampas. Les titres parlent d’eux-mêmes : J’adore rien branler, C’est pas pour me vanter (mais va te faIre enculer), J’aime ta main (quand elle caresse ma bite). Bref, de la poésie en veux-tu en voilà avec des textes politiques (n’est pas punk qui veut). À retrouver pour 3 Euro, une pince sur le nez. T’es Rock Coco (Angers), vendredi 25 avril à 20h30.
www.myspace.com/lesecureuilsquipuent
PLANTER SA TENTE À SION
À l’approche des beaux jours, rien ne vaut une virée à la plage ! Pourquoi pas à St Hilaire de Riez (85), histoire de profiter aussi d’une teuf gratos avec du bon son ! Cette soirée, vous ne pouvez pas l’éviter, car c’est Gravita’Sion. On y retrouve Aka, la Troupe du Son, groupe de dub rock progressif, qui vient de sortir un disque à l’architecture sonore impresSionnante. Avec Aka, ça plane pour moi, à en avoir le cerveau lent ! Diatribe nous propose beaucoup plus d’actSion sur des rythmes de transes africaines avec chants et démonstraSion de capoeïra... C’est le vendredi 25 avril avec 4 groupes en sus !
www.myspace.com/lezartmenestrel
POUR YAMOY, LÈVE TON GOBELET
Apprécier un concert en savourant un coca, c’est un boulot fou. Pas pour nous, mais pour ceux qui l’organisent. L’association Yamoy en sait quelque chose. Depuis sa création en 1999, vous avez certainement profité de sa passion pour la scène actuelle au lieu unique, à la Barakason, à l’Olympic ou au Pannonica. Aujourd’hui, Yamoy bat de l’aile. Rock and Roll Remember, Altaï, Lonesome French Cowboy, Margo, Dj Henri, 37500 Yens : ils viennent tous animer une soirée de soutien à la Barakason. Programmation éclectique pour l’association organisatrice du festival Soy. La Barakason, samedi 26 avril à 20h.
DU SABLE DANS LA GUITARE
Le blues vient d’Afrique. Ali Farka Touré l’a dit, Tinariwen le confirme. Armés de leurs guitares électriques, les huit Touaregs maliens joueront leur blues du désert à Saint-Nazaire, clôturant leur résidence au VIP. Musiciens, mais aussi activistes, les membres de Tinariwen ont participé à la rébellion touareg de 1990 contre le gouvernement malien. C’est l’album Amasoukal, sorti en 2004, qui offre à Tinariwen une reconnaissance internationale. Thom Yorke lui-même saluera leur assouf, mélange de blues et de musique traditionnelle.
Au VIP, samedi 26 avril à 21h.
RUBIN STEINER, PRINCE DES ROCKEURS Rubin Steiner arrive avec un cinquième album au nom à coucher dehors : Weird Hits, Two Covers and A Love Song. Ce titre résume bien le nouveau travail du Français : des tubes bizarroïdes, des reprises et une chanson d’amour, le tout dans un esprit toujours électro mais beaucoup plus imprégné par les influences rock de son auteur que sur ses précédents disques, comme le génial Drum Major. À ne pas manquer sur la scène du Fuzz’yon (La Roche-sur-Yon) accompagné de Curry and Coco, et non Scénario Rock, comme annoncé.
Mercredi 30 avril à 20h30.
www.myspace.com/rubinsteiner
BALADIN DE LA SIMONE
Toujours « sympa », à deux doigts d’être « sympathétique », Albin (de la Simone de sa particule) pratique la discipline ô combien risquée de la chanson française simple. Slalomant adroitement entre les pièges béants des paroles niaisouillardes qui font les poncifs delermiens ou bénabariens, celui que l’on considère déjà comme le successeur d’Alain Souchon (et cela s’entend clairement) sera en concert à Nantes, accompagné du Vendéen Xavier Merlet. Lui chante avec sa guitare les désillusions face aux dérives du monde moderne. Vaste programme, donc.
Salle Paul Fort, mercredi 30 avril à 21h.
ELEMENT DU CRIME
Il est vraiment mortel, le gros son métal d’Element. Un vrai massacre de guitares avec des voix très mélodiques ou parfois proches des borborygmes et une section rythmique des plus implacables. Ce groupe nantais de métal atypique ose le Français dans ses textes et explore son style d’une façon explosive et mélodique avec aussi une touche d’électro. Dans leur organisation du crime, le groupe s’associe aux Lillois d’Unswabbed pour défourailler au Ferrailleur, avec en prime, un jeune groupe nantais de hardcore métal prometteur : Drain Tribe. Morts ou vifs.
Le Ferrailleur, samedi 3 mai à 20h.
6PAR4 = 22 (PISTEPIRKKO)
À force de le répéter tous les mois, nous allons finir par nous faire traiter de rabat-joie. Malgré tout, il n’est pas inutile de rappeler que le 6par4 devient un lieu musical incontournable en Pays de la Loire. Et pour confirmer ces propos, la présence dans la programmation des Finlandais 22 Pistepirkko. Ces maîtres du pop rock mélodique viennent nous présenter leur nouvel album (Well you know) stuff is like dans la salle mayennaise. L’occasion est trop belle de (re)voir ce groupe trop souvent sous-estimé. Merci le 6par4 !
Dimanche 4 mai à 18h.
METS TON PULL, COWBOY !
On connaît le gang French Cowboy et son rock connecté à la chaleur de Tucson. Là, c’est le brigand en chef, Federico, qui s’offre une chevauchée solitaire, sous le nom de Lonesome Cowboy. C’est donc l’occasion d’entendre des chansons de leur album en version épurée ou revisitée mais pas seulement puisque des surprises sont sans doute au rendez-vous, comme lors de sa dernière apparition au Violon Dingue, où Federico avait fait démonstration de son inventivité bricolo. Sur la même affiche, lui aussi pris de la fièvre du solo, on retrouvera le leader des bordelais de Pull, dans un registre folk paisible.
Le Bobard, jeudi 8 mai à 19h30.
HARDCORE À LA BASE
Agnostic Front au VIP, c’est deux monuments pour le prix d’un. Groupe incontournable du hardcore new-yorkais des années 80, Agnostic Front s’est reformé en 1997. Epitaph Records n’a pas hésité longtemps à les signer, preuve en est : le groupe a compté dans ses rangs des musiciens de Youth of Today et Sick of it All, et son leader, Roger Miret, n’est autre que le frère du chanteur de Madball. En tournée européenne, ils seront accompagnés à Saint-Nazaire par les Belges Do or Die, les Californiens Hoods et les Français Back ta beat ya.
Le VIP, jeudi 8 mai à 21h.
BANDE DE SAUVAGEONS !
Chaude soirée en perspective avec la venue des Sweet Vandals en terre nantaise. Fort d’un premier album éponyme au son funk que l’on croirait venu de Detroit ou d’Atlanta, le groupe nous vient pourtant de... Madrid ! Leurs influences mêlent James Brown à Ray Charles et les Espagnols ont déjà acquis une solide réputation scénique en Europe. Fait qu’ils prouveront certainement à la prochaine Sainte-Solange. Avec, en ouverture, le groupe nantais Screaming Soul et Les deux Dj Nutz & Bassline de l’émission « Gimme some more », diffusée sur Prun’, le groove sera de sortie.
Le Jam (La Chapelle/Erdre), le 10 mai à 21h.
ERRATUM
Que nos amis d’Insolite, Rum Dum Tiddles, Gong Gong, Eradicate et tous nos lecteurs veuillent bien nous pardonner l’énorme boulette que nous avons commise sur les « disques d’ici » du numéro 114. Voici les informations exactes : l’album d’Insolite (chez Anlogobung) s’appelle Et l’avenir nous sourit..., les deux EP autoproduits des Rum Dum Tiddles sont Sad and Silly Songs et Seven Hands. L’album de Gong Gong (F Com/Pias) s’intitule Mary’s Spring, celui d’Eradicate (autoproduit), Contrastes. Suite à l’incident, toute l’équipe du Pulso s’est flagellée avec des orties fraîchement coupées, c’était le minimum syndical.
INSOLENT INSOLITE
Cela fait maintenant plus de 10 ans que l'Etincelle, lieu alternatif et autogéré à Angers, rameute de ses rouges et noires lueurs les militants égarés. On y a vu beaucoup de concerts de punk, forcément, mais aussi du hip hop. Début mai, les Nantais d'adoption Insolite y feront leur première prestation angevine. Pas étonnant qu'on les retrouve là-bas, ceux-là. Entre dyslexie dingo (Duck my sick) et promesse de lendemains qui rappent (L'avenir nous sourit »), ces hip-hopeurs ont le beat keupon, les lyrics assailants et un fuckin' goût de l'offensive.
L'Etincelle, samedi 3 mai à 20h.
