Un festival au bord de l’amer
Il n’y a pas que les usines qui sont délocalisées. Sur la presqu’île, c’est aussi le cas du festival Farniente qui, après deux éditions à Pornichet, ira trouver refuge au VIP de Saint-Nazaire le 13 juin prochain, grâce au soutien des Escales. Tout cela à cause d’une incompréhension mutuelle entre les organisateurs et la Ville de Pornichet, ayant abouti à la suppression de la subvention municipale. Explications.
Sur le répondeur de la mairie, on apprend qu’à Pornichet, « la douceur du climat se conjugue avec l’animation de la ville ». De quoi rendre définitivement parano l’équipe de bénévoles du Farniente Festival. Tout d’abord parce que les deux premières éditions de leur manifestation conçue pour prendre tout son sens en plein air ont été sérieusement perturbées par la météo, les obligeant à se replier en salle. Et puis, surtout, parce que « l’animation de la ville » se fera cette année sans eux.
Tout commence pourtant bien, il y a deux ans, quand une poignée de passionnés de musique crée l’asso « Le sens du Poil » pour monter un festival mêlant « musique, arts plastiques et vidéo, dans la bonne humeur et au bord de la mer ». En bref, la programmation se veut exigeante artistiquement, mais l’état d’esprit convivial. Pour Farniente, les problèmes commencent avec l’équipe du nouveau maire Robert Belliot (UMP). « L’année dernière, la nouvelle municipalité a voté à contre-cœur la subvention de 8 000 euros qui était dans les cartons à son arrivée », explique l’association. « Et puis début octobre, on a reçu un courrier disant que la mairie supprimait toute aide logistique et financière. On a essayé de les contacter pendant des mois, par téléphone, mail, accusé de réception, pour avoir des explications ». Jusqu’à cet épisode un brin tendu d’une réunion publique au cours de laquelle « Le Sens du Poil » interpelle Dominique Salomon, l’adjointe à la culture (Presse-Océan du 17/01). Celle-ci a une toute autre version : « On a une baisse de budget conséquente car on n’a plus les subventions de la Carène [la communauté d’agglomérations de la région nazairienne]. Le choix a été très rapide : celui-là on n’en veut pas. S’il y en a un qu’on doit garder, c’est les Renc’Arts [le « gros » festival - de qualité - s’étirant pendant tout l’été] ». Un choix donc uniquement économique ? « J’avoue que je n’ai jamais vu le festival Farniente, mais il ne correspond peut-être pas à notre vision de la culture à Pornichet », répond l’élue.
Touchée mais pas coulée, l’asso. essaie de mettre en place un autre projet : des « Apéros sonores » sur la plage, avec au programme « bidouillages, capteurs sonores et improvisations de musiciens, sans demande de subventions, juste une aide logistique ». Même fin de non-recevoir à la Culture : « La demande n’a pas été faite dans les formes. Et puis, il est hors de question de faire quelque chose sous ce nom, pour la bonne raison que la municipalité se bat contre l’alcoolisme. » Bigre ! C’est vrai qu’avec un nom pareil, on allait tout droit vers de sauvages débordements éthyliques... Alors, quoi de prévu au niveau culturel à Pornichet dans les prochains mois ? « Les demandes des habitants et des touristes, c’est : familial et de l’humour. Beaucoup d’humour ! » Avec un peu de chance, ça fera rigoler les organisateurs du Farniente Festival.
Damien LE BERRE