| Entre le comité «Bien vivre à Clisson... Sans Hellfest» et les récentes attaques des jeunes du CNI, qui ont notamment découragé Coca-Cola d’être partenaire, est-ce que de réelles menaces planent sur la reconduction du Hellfest ? Le CNI est reconnu pour être un peu intégriste sur les bords et l’on n’a plus entendu parler d’eux après le festival. Ils voulaient juste se faire un coup de pub gratuitement, c’était purement politique. On a juste perdu le partenariat avec coca-cola, mais ils ne nous filaient que 2 000 euros et quelques palettes de canettes pour les bénévoles. Quant au comité « Bien vivre à Clisson... Sans Hellfest », même si les assos cathos sont très puissantes quand elles s’y mettent, tout le monde les a désavouées, y compris la Préfecture. Maintenant, si un festivalier taré décide de dessiner des croix nazies au cimetière de Clisson, on peut mettre la clé sous la porte.
Est-il difficile de décrocher des subventions publiques ? C’est sûr qu’au début du Furyfest, les institutions locales ne nous avaient pas à la bonne, mais aujourd’hui la région se gargarise du succès du Hellfest. On reste cependant subventionné à hauteur de 1% quand d’autres festivals sont financés à 60 %. Et je ne parle que de la musique actuelle. Quand on parle de musique classique, les proportions deviennent carrément scandaleuses. Mais ce système désavantage surtout les jeunes projets. On ne leur donne rien, alors que c’est au début qu’ils ont le plus besoin d’aide. Je trouve donc que le système d’allocations est inéquitable. Les services publics adoptent une logique d’économie de marché alors que les subventions devraient normalement compenser les dérives d’un tel système.
Le Hellfest pourrait bientôt déménager... ? Le Hellfest restera sur le même site jusqu’en 2011. Ensuite un lycée va se construire à cet endroit et il faudra donc trouver un autre site. On aimerait bien rester à Clisson, mais rien n’est encore fait, car il faudra alors trouver un nouveau terrain qu’il faudra viabiliser, et ça, ça coûte des sous... Tout dépendra du succès des prochaines éditions et de l’offre que nous fera alors la mairie.
Quitter Clisson, impliquerait-il tout un boulot à refaire, comme, par exemple, faire accepter un festival métal à d’autres riverains ? On a beaucoup travaillé dans ce sens et c’est sûr qu’on n’a pas envie de recommencer tout ça depuis le début. Les associations sportives et culturelles de Clisson viennent nous filer un coup de main pendant le festival et, en échange, on leur fournit des équipements dont ils ont besoin. Et puis, on a surtout un fort partenariat avec le vignoble clissonais. Pour l’info, le Hellfest est l’événement où l’on boit le plus de muscadet au monde, avec 12 000 litres écoulés en 3 jours. Ce sont des petites choses qui nous permettent d’être intégrés et d’avoir leur soutien.
Pour 2010, une trentaine de noms déjà annoncés, où en est la programmation ? Il est un peu tôt pour révéler d’autres noms, mais c’est vrai qu’on aimerait bien avoir une très grosse tête d’affiche cette année, pour fêter dignement les 5 ans du Hellfest. Certains groupes comme Rammstein ou Metallica sont encore hors de prix, mais on négocie actuellement avec Iron Maiden, on verra bien... Camille VERRON
Hellfest 2010, du vendredi 18 au dimanche 20 juin, complexe sportif du Val de Moine (Clisson). Billetterie ouverte : Pass 3 jours à 99 euros • |